Cadre-Créativité
3- Cadre – Créativité
La problématique est la suivante : poser des cadres, donner des règles, soumettre à des contraintes (d’horaire, de vie de groupe, et.) est-ce dommageable pour la liberté d’expression, l’imagination qu’on appelle « la folle du logis » et que l’on redoute pour son côté débridé et incontrôlable ? « Sois raisonnable ! » est l’expression que bien des parents utilisent vis-à-vis de leur adolescent.
• Deux mots qui semblent s’opposer, et pourtant…
Le peintre devient créatif lorsqu’il respecte certaines règles de perspective, le matériau mis à sa disposition. Le cadre du tableau est une contrainte mais aussi une nécessité.
Le poète ne peut faire surgir un poème sans tenir compte des rimes, du rythme. Que ce soit des poèmes à la Prévert ou à la manière japonaise (haïkus).
Pour le musicien, il en va de même. Même la musique dodécaphonique a ses règles.
L’imaginaire se déploie souvent grâce à des contraintes.
• Un exemple : la créativité dans le cadre liturgique, mais aussi dans toute rencontre chrétoienne.
Importance des rituels et des rites, sinon on perdrait l’identité chrétienne.
Certes, des rites peuvent tomber en désuétude, ou du moins peuvent ne plus avoir de signification.
Dans les célébrations vécues avec les jeunes, comment situer la créativité (musicale, gestuelle, vocale, visuelle) ?
• D’une pastorale de l’encadrement à une pastorale de l’engendrement
L’espace vide de Peter Brook, homme de théâtre. Pour lui, préparer les scènes, le décor, les costumes, l’éclairage est nécessaire mais c’est dans l’espace vide qu’est le théâtre, que quelque chose de surprenant arrive. L’acteur, le metteur en scène, le spectateur forment une communauté d’hommes et de femmes inédite.
Ce qui s’écrit dans la marge du cahier a parfois plus d’importance que le texte écrit noir sur blanc. Ce qui s’élabore en marge de la société (les cultures marginales) doit être observé attentivement. Développer une spiritualité de la surprise, de l’inattendu. Les nouveaux venus dans la foi, les recommençants nous font bien comprendre cela.
• Pas de créativité dans l’Église sans La Tradition
L’Église nous enfante à la foi. Nous aimons l’Église pour ce qu’elle nous apporte : les trésors de la liturgie, de la spiritualité, de la théologie, de son enseignement social.
Nous sommes héritiers et novateurs.