Attention à l'autre- Respect du cheminement

Publié le par comado

4- Attention à l’autre – respect du cheminement

Dans la relation éducative, il y a quelque chose qui relève de la pratique de l’hospitalité. Un jour, quelqu’un entre dans ma vie sans crier gare, par surprise. À un moment où ma vie était peut-être un peu somnolente. Je suis un peu comme Abraham devant sa tente, à midi. Et voilà que quelqu’un passe et cela me dérange dans mes habitudes ou mes activités.

« On m’a reconnu comme une personne à part entière, on n’a pas cherché à m’embrigader.  » C’est que disent parfois des jeunes qui arrivent dans un mouvement où une aumônerie.

La pratique de l’hospitalité n’est pas facile dans un monde où tout s’achète. Accueillir quelqu’un c’est lui offrir ce dont il a besoin sans demander de retour.

 

Je me mets en mouvement pour l’accueillir (cf. Les verbes d’action dans le récit de Gn 18). Écouter, c’est accepter que quelqu’un pénètre dans ma maison, dans ma vie intérieure. Si mon intérieur est en désordre, s’il manque un espace, je ne pourrai pas écouter. Je dois m’habiller le cœur

Lorsque l’on pratique l’hospitalité, on ne se préoccupe pas d’enseigner, de faire la morale. On donne le nécessaire pour que l’autre puisse continuer sa route. Il s’agit de s’adresser à quelqu’un sans vouloir le redresser.

 

N’empêche pas la musique ! C’est une phrase de Ben Sirac le Sage : « parle vieillard, car cela te sied ; mais avec discrétion, n’empêche pas la musique » (Si 32, 3). Il s’ agit de la conversation à table. Certes l’expérience de vie autorise le vieillard à parler. Mais cla tentation de celui qui a  l’expérience des années, c’est de faire la morale, de donner des repères tout faits, de prodiguer des conseils sans avoir prêté attention à la musique de l’autre. Ce qui est dit du vieillard vaut pour tout animateur ou accompagnateur de jeunes.

Écouter, c’est écouter quelqu’un jusqu’au bout. Ce qui suppose de la part de celui qui écoute, qu’il mette en suspens son savoir qui peut faire écran à ce qui cherche à se dire chez l’autre.

 

Le retentissement en soi. Écouter a quelque chose à voir avec l’idée de résonance. Ce que l’autre dit résonne en moi. Laisser résonner suppose de laisser tout raisonnement. Il s’agit de comprendre de l’intérieur ce que l’autre éprouve. Quand j’écoute, qu’est-ce que j’écoute en moi ? L’important est d’apprendre à nommer mes sentiments, mes émotions (je me sens agressé, disqualifié). Souvent je veux faire entendre raison à l’autre et il se dérobe. Lorsque j’écoute, j’écoute aussi une douleur, une souffrance.

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