Savoir - Ecoute
1- Savoir – Écoute
La problématique est la suivante : dois-je me préoccuper de transmettre un savoir ou plutôt d’écouter ce qui se dit, sans rien dire. Faut-il commencer par apporter des connaissances ou attendre les questions de ceux qui me sont confiés et tenter d’y répondre.
Autre manière de poser le problème : mon bagage intellectuel fait-il obstacle à une véritable écoute ?
• Dans la relation éducative, l’écoute véritable suppose la prise en compte des pré-acquis et des pré-requis.
Pré-acquis : lorsque je m’adresse à quelqu’un, j’ai des représentations (culturelles, sociales, religieuses). Il y a tout un héritage culturel dans ma tête. Dans la tête de celui qui m’écoute aussi.
Pré-requis : lorsque je m’adresse à quelqu’un, il y a des références de livres, d’auteurs, de pensée nécessaires pour échafauder d’autres savoirs. Tout bon pédagogue doit prendre appui sur les connaissances de ses auditeurs.
• Dans la relation éducative, l’écoute peut être gênée par mon savoir thérapeutique, éthique, culturel.
J’écoute en me disant que l’autre est un cas. Je le considère comme « fou », « perturbé ». IL est fou ou il fait le fou (cf BD de Germain) ? Que signifie son comportement ? Pourquoi le réduire à cela ?
J’écoute avec mes règles morales, ma conception de la vie, mes valeurs. Ce qui n’entre pas dans mon éthique est disqualifié. J’enferme l’autre dans ce que pense être des déviances morales.
J’écoute ce qui correspond à mes références culturelles, mon langage. Je n’écoute que les idées qui correspondent aux miennes.